Les coléoptères de la famille des Mordellidae (Mordellidés)
Les insectes de la famille des Mordellidés (Mordellidae) , aussi appelées Mordelles ,sont des coléoptères qui, malgré leur petite taille, se reconnaissent facilement. Leur corps très bombé a la forme d'une goutte d'eau ou d'une virgule et il se termine par un prolongement en forme de pointe cornée appelé pygidium au bout de l'abdomen. C'est ce dernier caractère, dépassant longuement les élytres, qui est le plus typique. Les Mordelles visitent les fleurs, surtout les capitules et les ombelles, où ils se déplacent souvent en sautant. Ils s'envolent également facilement ou peuvent simuler leur mort en basculant sur le côté lorsqu'on les capture.
Cycle de vie : de la larve endophyte à l'adulte butineur
Le cycle de vie des Mordellidés suit un développement holométabole classique, comprenant les stades d'œuf, de larve, de nymphe et d'imago (adulte). Les femelles pondent dans les tissus végétaux, souvent dans les tiges de plantes herbacées ou dans le bois en décomposition.
La larve, de forme allongée et cylindrique, se développe ensuite à l'abri des prédateurs. Elle creuse des galeries internes tout au long de sa croissance et, une fois son développement larvaire achevé, aménage une loge nymphale au sein même de la plante hôte. La nymphose s'y déroule en toute sécurité, jusqu'à l'émergence de l'adulte qui fore un trou de sortie pour rejoindre son habitat aérien.
Écologie et niches environnementales des Mordelles
La biologie des espèces de cette famille révèle une dualité écologique entre les stades larvaire et adulte. Les adultes sont floricoles et ils fréquentent assidûment les inflorescences des Apiacées (ombellifères) ou des Astéracées pour s'y nourrir de pollen et de nectar. Ils participent ainsi activement au processus de pollinisation dans les prairies, les lisières forestières et les clairières.
Inversement, les larves exploitent des niches écologiques très différentes. Selon les espèces, elles peuvent être phytophages en se nourrissant de la moelle des tiges herbacées, ou saproxyliques en consommant le bois mort en cours de décomposition. Elles accélèrent la décomposition des végétaux et facilitent le recyclage des nutriments au sein des écosystèmes forestiers et prairiaux.
Une famille homogène à préserver.
En France métropolitaine et plus généralement en Europe, les insectes Mordellidés forment un groupe homogène et ils ne peuvent être confondus qu'avec ceux de la famille des Scraptiidés (Scraptiidae) autrefois considérée comme une sous-famille et qui fréquentent aussi les fleurs au stade adulte. Mais la ressemblance s'arrête aux élytres, car ces derniers ne sont pas longuement dépassés par le pygidium en pointe.
Les données de l'UICN soulignent que les espèces saproxyliques font face à une menace croissante liée à la gestion forestière intensive. L'élimination systématique du bois mort et des vieux arbres détruit directement leurs micro-habitats essentiels. La préservation de ces coléoptères nécessite donc le maintien d'îlots de sénescence et une gestion écologique des milieux boisés.
Biblio et liens
- Horellou, A. s.d. «Les Meloidae (Coleoptera, Tenebrionoidea) de France métropolitaine. Clés de détermination des espèces.»( .PDF)
- Aramel, A. (n.d.). Les Insectes : Quelques représentants communs de petites Familles d'Hétéromeroïdes aux imagos floricoles et aux larves saprophages ou prédatrices. Le Monde des Insectes.
- Fauvel, A. (1930). Faune de France 21 : Coléoptères. Paris: Librairie de la Faculté des Sciences.
- Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). (2022). La Liste rouge des espèces menacées : Rapport sur les coléoptères saproxyliques d'Europe. UICN.