Les coléoptères de la famille des Cantharidae (Cantharidés)
La famille des Cantharidés (Cantharidae) regroupe des insectes qui se distinguent principalement par leur exosquelette étonnamment mou. Les élytres, qui protègent habituellement les ailes, conservent en effet une texture souple. Leur silhouette est allongée avec des flancs presque parallèles, la tête est bien dégagée du pronotum (pron.), ce dernier est souvent de forme rectangulaire ou carrée, aplatie et les antennes sont filiformes insérées en avant des yeux. Leur formule tarsale est 5-5-5 c'est-à-dire que toutes les pattes ont 5 tarses.
Cette famille ressemble beaucoup à celle des Oedéméridés. Mais ces derniers s'en différencient par des élytres restant souvent longuement écartés en laissant apparaitre les ailes, un pronotum cylindrique bosselé et enfin par une formule tarsale différente (5-5-4), les pattes postérieures n'ayant que 4 tarses. Les petites espèces de Longicornes (famille des Cérambycidés) en raison de leurs longues antennes peuvent également ressembler aux Cantharidés . Mais leurs antennes bien plus robustes et surtout leurs yeux échancrés les distinguent de ces derniers.
Cycle de vie
Le cycle de vie des Cantharidae présente une métamorphose complète (holométabole). Les femelles pondent leurs œufs dans le sol humide ou sous la litière végétale au début de l'été. Dès l'éclosion, les larves commencent leur développement dans l'obscurité du sous-bois. Elles possèdent un corps velouté, sombre et étonnamment résistant au froid. D'ailleurs, ces larves hivernent souvent sous les pierres ou dans la couche superficielle du sol.
Lorsque le printemps réchauffe la terre, la larve construit une loge nymphale. La nymphose s'y déroule pendant quelques semaines. Finalement, l'adulte émerge entre mai et juillet, prêt à conquérir la strate herbacée et arbustive. Ce cycle connaît quelques variantes selon l'altitude et la latitude ; certaines espèces montagnardes allongent leur développement larvaire sur deux années pour pallier la brièveté de la belle saison.
Chasseurs et butineurs : la double vie des Cantharidés
La biologie de cette famille révèle des comportements alimentaires doubles et des niches écologiques variées. Les larves occupent le sol forestier et les prairies humides où elles jouent le rôle de redoutables prédateurs. Elles chassent activement les escargots, les limaces, les vers et d'autres petites larves d'insectes. Elles régulent ainsi efficacement les populations d'invertébrés terricoles et maintiennent l'équilibre des écosystèmes.
De l'autre côté, les adultes fréquentent les ombelles, les buissons et la canopée. Ils adoptent un régime souvent omnivore. Bien qu'ils chassent de petits insectes à corps mou comme les pucerons, ils consomment également une grande quantité de pollen et de nectar. Par conséquent, les adultes occupent une niche écologique essentielle : ils agissent à la fois comme agents de contrôle biologique et comme pollinisateurs.
Sous-familles et représentants
En France métropolitaine, les Cantharidés comportent deux grandes sous-familles : les Cantharinae et les Malthininae. La sous-famille des Cantharinae regroupe les espèces les plus communes en Europe. Par exemple, Rhagonycha fulva, familièrement appelé le "téléphore fauve", envahit les fleurs de carottes sauvages au cœur de l'été. La Cantharide commune (Cantharis fusca), avec son pronotum rouge orné d'une tache noire, représente également une figure emblématique de nos campagnes. Les Malthininae sont de petite taille et leurs élytres ne couvrent pas totalement d'abdomen.
Biblio et liens
- Constantin Robert. Observations sur des Cantharidae de France et description de deux espèces nouvelles (Coleoptera, Elateroidea). In: Bulletin de la Société entomologique de France, volume 119 (1),2014. pp. 91-108.