Instants : brins de Nature du jour
Instants d'été 2022

19 | La parade des Soucis (Colias croceus) |
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18 | Voici une araignée qui forme une toile assez petite sur laquelle on ne les voit quasiment pas et pourtant, elle fait partie des espèces faciles à reconnaître. Les Cycloses (Cyclosa) contrairement aux épeires, ne jettent pas leurs anciens repas et c'est bien ce qui fait leur style et celui de leurs toiles. Les anciens balluchons de proies sont soigneusement alignés. L'araignée, quant à elle, se positionne au centre de la toile où sa couleur et la forme de son abdomen la rendent invisible. |
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17 | Amours d'Iules. Chez les mille-pattes, les mâles disparaissent peu de temps après la période de reproduction et sont donc des raretés le reste du temps. La pluie le dimanche a fait sortir les Iules et les mâles matures ont pu rencontrer les femelles pour s'accoupler. Ici un accouplement avec la femelle à gauche, saisie par le mâle à droite. Chez les Iules, les organes génitaux sont situés côté tête, et la partie claire élargie en triangle entre deux anneaux noirs correspond à ceux du mâle qui entrent en contact avec ceux de la femelle, situés encore plus près de la tête. |
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16 | Toujours de passage après la pluie, les Iules se déplacent en masse, faisant des pauses repas comme ici puis reprenant leur chemin. Les raisons de ces mouvements restent encore mal expliquées, les pluies abondantes les obligent sans doute à sortir de leurs abris inondés. Chassés de leurs cachettes, ils se retrouvent alors en groupes plus ou moins denses à la surface du sol, ce qui pourrait également déclencher leur départ vers d'autres zones. Les attroupements, nous le verrons demain, ont pour autre conséquence la rencontre des mâles et des femelles et la saison de la reproduction est visiblement lancée. |
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15 | Fondu dans le décor. Avant la pluie tant attendue, un diablotin long de 2-3 cm chasse dans son milieu composé d'herbes sèches et de brindilles tombées. Sa taille lui permet de se contenter de petites proies comme des mouches ou des punaises abondantes autour de lui. Ses couleurs mimétiques le mettent à l'abri de la plupart des prédateurs qui, il faut l'avouer, n'auraient pas grand-chose à manger avec cet insecte maigre. Comme d'habitude, c'est le hasard, l'absence de vent et son déplacement qui ont permis de le repérer et la séance photo n'a pu démarrer qu'une fois qu'il a atteint l'extrémité de ces brins d'herbe secs. |
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14 | Au pays extraordinaire de la menthe - jour 4 : un nouvel extraterrestre ! : Cerocoma schreberi . Voici à nouveau, aujourd'hui, un coléoptère très original à commencer par la forme incroyable de ses antennes. La première fois que j'ai croisé un Cerocoma mâle (c'est lui qui possède ces particularités), j'ai cru être face à un insecte aux antennes malformées et j'ai pris quelques clichés dans le but rechercher quel parasite pouvait causer de telles anomalies. Au final, rien de tout cela, c'était juste un simple mâle ! Aujourd'hui c'est le Cerocome de Schreber (Cerocoma schreberi ) qui s'est présenté à mon objectif. Si vous avez lu le post d'hier au sujet du précédent extraterrestre, sachez que, bien que n'appartenant pas à la même famille, cet insecte possède un cycle de développement comparable. D'abord triongulin dans une fleur, puis parasite d'une larve d'hyménoptère et enfin nouvelle larve vorace qui peut se nourrir des proies paralysées laissées dans la loge de la larve hôte. |
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13 | Au pays extraordinaire de la menthe - jour 3 : l'extraterrestre Macrosiagon ferrugineum. Aujourd'hui je vous présente un nouveau coléoptère d'une famille également nouvelle, celle des Rhipiphoridés, qui est caractérisée notamment par le port d'antennes pectinées et par des élytres plus courts que les ailes. Cet insecte étrange, par ses couleurs et par la forme des différentes parties de son corps, n'est pas en simple pause repas sur la menthe ; la femelle vient en effet sur la plante pour y pondre afin qu'un cycle de vie original soit lancé. La première étape de ce cycle correspond à la naissance de minuscules larves, mobiles, appelées triongulins en raison de la présence à bout de leurs pattes de trois ongles. Chaque larve attend sur la fleur de rejoindre une nouvelle destination, celle du nid d'une guêpe solitaire (Eumènes). Dès qu'une guêpe passe, le triongulin s'accroche à ses poils avec ses mandibules et part avec elle jusqu'à son nid. Une fois la destination atteinte, direction une larve d'Eumène pour entrer dans son corps et la parasiter. Après quelques repas de sang (hémolymphe), le triongulin dodu sort du corps de son hôte et se transforme en une nouvelle larve ressemblant à un ver. La suite de la vie larvaire se déroule d'abord sur la larve de guêpe, pour finir par la dévorer. La larve du coléoptère va ensuite fermer la cellule qui l'abritait et s'enfermer, elle-même, dans un cocon pour s'y nymphoser. L'adulte qui en sort quitte enfin le nid pour s'accoupler à l'extérieur et le cycle recommence. |
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12 | Au pays extraordinaire de la menthe - jour 2 : La coupeuse de feuilles. Vous le savez si vous suivez depuis quelque temps les posts quotidiens, les familles d'abeilles sauvages sont nombreuses et leur reconnaissance se fait par l'observation des cellules délimitées par les nervures des ailes. Chez les Mégachilidés, contrairement à beaucoup d'autres familles, il n'existe que deux cellules cubitales ou submarginales (en jaune) au lieu de trois. Mais ce n'est pas leur seule particularité, la deuxième s'observe sous l'abdomen des femelles où sont disposés de longs poils. Les Mégachiles illustrées ici récoltent le pollen en frottant ces brosses à pollen sur les étamines des fleurs, elles ne se servent pas de leurs pattes. Enfin, leur dernière particularité est de confectionner des cellules à l'aide de feuilles pliées dans les tiges creuses et d'autres anfractuosités. Elles vont pour leurs besoins couper le bord des feuilles molles et elle y prélève des morceaux circulaires. |
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11 | Au pays extraordinaire de la Menthe - Jour 1 : le régulateur de punaises. Les ruisseaux et filets d'eau accueillants des pieds de menthes sont de véritables oasis pour les insectes, je vous propose de passer quelques jours à observer ces petits paradis parfumés. Nous démarrons avec une petite mouche originale. Parmi les régulateurs biologiques des populations de punaises, la mouche aux pattes \"plumeuses\", Trichopoda pictipennis, fait partie des espèces volontairement introduites et qui se plaisent dans la nature. Comme certains membres de la famille des Tachinidés, elle a besoin de passer sa vie larvaire dans le corps d'une punaise et, nous l'avons vu la semaine dernière sur le Graphosome ponctué, tout démarre avec un œuf discrètement collé sur le dos de la punaise. |
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10 | Il a la couleur d'une feuille et en l'observant de près, le réseau de nervures de ses ailes et élytres ressemble énormément à celui d'une feuille. Le Phanéroptère méridional (Phaneroptera nana) sait en plus se faire discret en restant immobile, posé sur une feuille, rendant sa découverte d'autant plus hasardeuse. Les antennes sont filiformes, c'est une sauterelle et, au bout de l'abdomen, la présence d'une sorte de crochet aplati (oviscapte) en fait une femelle. |
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09 | Le chasseur impatient. Celui-ci a été trop gourmand, peut être lassé par ses heures passées à voler face à l'entrée de la colonie d'abeilles sans réussir à en capturer une. Il a tenté de se servir à la source, en capturant un insecte directement sur l'arbre. La suite lui a été fatale et le chasseur ambitieux est devenu le chassé. |
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08 | Le chasseur patient. Il fait du vol stationnaire face à une fente d'arbre accueillant une colonie d'abeilles domestiques installée depuis plusieurs années dans le creux du vieux Pin. À chaque départ ou chaque retour d'une abeille c'est le même scénario, le frelon asiatique (Vespa velutina), reconnaissable à son corps sombre et ses pattes jaunes, tente d'intercepter l'insecte en vol avec un taux de réussite très faible dans le sens des arrivées et très élevé dans le sens des départs. Le nombre limité des prédateurs sans doute lié à la faible taille du nid d'abeilles permet, pour l'instant, aux prélèvements de ne pas exterminer la colonie, les autres Frelons font sans doute beaucoup plus de dégâts ailleurs. |
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07 | On peut avoir un corps épais comme une armure, une odeur qui fait fuir ses prédateurs et pourtant voir sa vie basculer à cause d'une simple petite mouche qui s'est posée un instant sur son dos. Ce Graphosome ponctué (Graphosoma semipunctatum) porte un œuf de tachinaire. Le diptère a besoin du corps de la punaise pour que ses larves s'y développent à l'abri des prédateurs. L'œuf fixé au sommet du scutellum donnera naissance à une petite larve qui se frayera un chemin vers l'intérieur du corps de l'insecte. Arrivée à son dernier stade de développement, la larve sortira du corps du Graphosome et provoquera sa mort. Elle devient ensuite une pupe et se transforme en mouche. |
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06 | Chez la Mélitée, il arrive que le destin d'une chenille ne soit pas de devenir papillon. Il suffit pour cela qu'une minuscule guêpe parasite vienne déposer sa ponte à l'intérieur du corps de la chenille et un véritable détournement de corps comme de cycle de vie a alors lieu. La chenille, dans un premier temps, poursuit sa vie en s'alimentant normalement, mais lorsqu'il est temps pour elle de faire sa chrysalide, sa vie bascule. Les œufs de guêpes, présents dans son corps, ont entre-temps donné naissance à des larves qui ont profité de l'intérieur de l'insecte pour se nourrir, tout en prenant bien soin de ne pas endommager ses organes vitaux. Après cette phase, la chenille voit son comportement changer et elle va alors quitter le plantain pour une quelconque plante au sommet de laquelle elle commence à se fixer par des fils de soie. Les larves sortent ensuite par les trous respiratoires et se mettent à produire elles-mêmes leur propre cocon sous le corps de la chenille ou à côté. À ce stade, chaque larve de guêpe a son cocon à côté de celui d'une autre. La chenille poursuit ses travaux de fixation comme si elle allait faire sa chrysalide. Malheureusement pour elle, après un temps passé à agiter sa tête comme pour défendre les cocons de ses parasites, elle finira par mourir sans donner de papillon. |
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05 | Lorsque tout se passe comme prévu, une petite chenille ornée de lignes orange et de pointes courtement velues se transforme en chrysalide puis en papillon Mélitée orangée (Melitaea didyma). Il faut pour cela qu'une autre Mélitée ait déposé un œuf et que beaucoup de feuilles de plantain soient croquées. |
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04 | Le Panicaut champêtre (Eryngium campestre) fleurit à la même période et souvent en compagnie du Chardon bleu (Echinops ritro) et ses fleurs réunies, elles aussi, en boules pourraient nous faire croire que les deux plantes partagent la même famille. Les étamines libres qui dépassent nettement de l'inflorescence de gauche montrent qu'il n'en est rien. Pour retrouver sa famille, il faudra avoir la patience de déloger une minuscule fleur en affrontant les épines qui l'entourent ; celle-ci possède 5 pétales bilobés blancs dressés, 5 étamines libres et un ovaire caché à deux styles, sa famille est donc celle de la Carotte sauvage, c'est une Apiacée. La tête de droite, aux fleurs fanées, est, elle, dépassée par les styles. |
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03 | Celui-ci se rencontre également dans les pinèdes en compagnie des Silènes et autres Sylvandres. Le Chevron blanc (Hipparchia fidia ) est un Méditerranéen dont la couleur est claire une fois ses ailes repliées. Celles-ci portent deux beaux ocelles entre lesquels sont disposées deux taches blanches. Les angles tracés par sa ligne noire permettent de le distinguer de son cousin le Faune (Hipparchia statilinus ) du moins chez les mâles. |
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02 | Ses boules restent longtemps de couleur bleu-vert pour finalement passer au bleu et cette année vous aurez cette dernière version, celle chez laquelle les fleurs sont totalement épanouies. Le Chardon bleu (Echinops ritro) appartient à la même famille que le Pissenlit et le Cirse, celle des Astéracées. Ici, pas de capitule rond, mais une sphère composée d'une centaine de fleurs bleues. Chacune d'elle possède une corolle en tube terminée par cinq lobes de laquelle dépassent des étamines bleu foncé dont les sacs de pollen entourent le style du pistil. |
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01 | Allons faire un tour chez les Pistachiers térébinthe. Vous remarquerez sans doute sur certains arbustes des malformations au niveau des feuilles, des excroissances en forme de bourses ou des petites cornes. À cette époque de l'année, leur taille est encore réduite, mais il n'empêche que si elles sont là c'est que de petits habitants s'y abritent. Le côté génial est que ce ne sont pas les insectes qui fabriquent les abris, mais l'arbuste lui-même en faisant une sorte d'allergie à leur présence. Ce sont des galles, et celles-ci sont provoquées ici par des pucerons. L'ouverture des galles dévoile la présence d'êtres vivants ne mesurant pas plus d'un millimètre, pour les plus grands, et tous de couleur orange quelle que soit la galle. Pourtant il s'agit de quatre espèces distinctes que la maturité fera se dissocier : Baizongia pistaciae pour les cornes, Forda formicaria pour celle en forme d'oreille, Forda marginata dans les replis boursouflés des feuilles et enfin Geoica utricularia à l'intérieur des bourses. Pour être complet, il ne manque que Paracletus cimiciformis dont les galles sont en forme de repli des feuilles, non boursouflés et qui restent verts. |
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