Mener l'enquête dans la nature version 2 : traces et indices de présence animale

À l'usage et en fonction des publics, les animations doivent constamment être retouchées, revues et corrigées. Voici ma nouvelle version de cette animation, plus ludique, mais adaptée à des publics à partir de la grande section de maternelle.


Préparation

La préparation de l'activité consiste à regrouper sur une table les cartes indices et animaux dans l'ordre qui sera celui de l'animation.

Pour l'ensemble des cartes, voici l'ordre choisi :

  • Série 1 - Indices pomme de pin écureuil + mulot
  • Série 2 - indices feuille mangée par l'escargot, la limace, la chenille + indice de recherche de repas du lapin
  • Série 3 - Indice pomme de pin du lapin + arbre frotté du sanglier + série 1
  • Série 4 - Crottes de lapin + renard + sanglier + ver de terre + oiseau
  • Série 5 - Empreintes de renard, + sanglier + chien
  • Série 6 - Trou de pics + fourmilière + feuille coupée par l'abeille

Pour favoriser la mémorisation je vous recommande, après avoir terminé de parler d'une série d'y associer la série précédente dans un mini-test.
Associés aux cartes, vous pouvez préparer de vrais indices trouvés dans la nature.

La nouvelle introduction et son cheminement logique.

Pour introduire le sujet, je mets directement les enfants au courant que ce qui va suivre est un jeu de mémoire et je leur explique que plusieurs classes ont déjà passé l'épreuve finale et il s'agit pour eux de faire aussi bien ou mieux qu'elles. Pour cela, c'est très simple, il suffit d'écouter et de mémoriser les paires "indice/animal". Je les rassure en leur expliquant que je vais avancer tout doucement.

Nous allons parler des souvenirs (ou les indices) que peuvent laisser les animaux dans la nature et pour cela nous allons comparer leur vie à la nôtre.
Je pose alors la question :

- Qui peut me raconter ce qu'il a fait ce matin après le réveil et avant d'aller à l'école ?

Les réponses sont, le plus souvent :

- j'ai déjeuné, je me suis brossé les dents, je me suis préparé (coiffé, lavé) et je suis passé aux toilettes.

C'est ensuite dans l'ordre : repas-toilette-w.c. et sortie que se déroulera l'animation.


Le petit déjeuner

Un fruit au petit déjeuner : la pomme de pin

Un écureuil qui se réveille le matin va ensuite chercher son petit déjeuner, une pomme de pin.

- - Quel drôle de fruit une pomme de pin ! Si nous croquons une pomme, une pêche ou un abricot, nous jetons ensuite les noyaux ou les pépins qui sont les graines. Pour la pomme de pin, c'est l'inverse, l'animal ne mangera que les graines et jettera tout le reste. Avant ce repas, la première difficulté se présentera lors de la cueillette du fruit. Pas facile de détacher une pomme de pin, elle est solidement attachée par une queue épaisse en bois. L'écureuil va donc devoir utiliser ses dents pour en ronger la queue et c'est de ce côté que démarrera l'épluchage. Pour faire simple, la pomme de pin se mange comme un cornet de glace, par le côté le plus large.Une fois terminée, de la pomme de pin, il ne restera que le trognon de bois et quelques écailles à la pointe, trop serrées pour contenir des graines et, sans doute trop difficiles à éplucher.

Parenthèse matheuse. L'écureuil pour son petit déjeuner va éplucher la pomme de pin pour pouvoir manger ses graines. Mais au fait combien en contient-elle ? Il y a sous chaque écaille deux graines et (par exemple) 50 écailles par cône.

Le mulot, un autre amateur de graines, mais une autre technique. Si l'écureuil habite dans l'arbre qui le nourrit, pour le mulot pas question de grimper à l'arbre pour en cueillir le fruit. D'ailleurs, vu son poids plume, s'il grimper pour détacher une pomme de pin à la manière de l'écureuil, il tomberait ensuite avec elle de la branche. Ce sont donc des pommes de pin tombées au sol un jour de vent que les mulots auront pour repas. De petite taille, ils ont également moins de force. Pas question d'arracher les écailles, celle-ci sont coupées une par une pour ensuite en récupérer les deux graines. La coupure est nette, presque sans fil et le repas pris au sol laisse un trognon bien propre sur lequel il ne reste aucune écaille (c'est le cas des mulots du midi qui ont pour fruits ceux du Pin d'Alep dans les autres régions il pourra laisse les écailles de la pointe et c'est alors la propreté du trognon qui comptera -->, pensez à modifier la carte en dessinant quelques écailles).

Suite à ces explications, on montre un aperçu du jeu final et on vérifie que les enfants ont bien compris en remplaçant les vrais trognons par les cartes correspondant. On montre les binômes écureuil-trognons effilochés et mulot-trognons propres sans écaille puis on récupère les deux cartes indice pour les donner à 2 élèves. Ils doivent alors reconstituer les paires.

Une salade au petit déjeuner : la feuille


Pendant que l'écureuil grignote sa pomme de pin, d'autres animaux choisissent plutôt un repas de feuilles. On montre alors quelques feuilles mangées puis on fait deviner quelles espèces auraient pu les laisser ainsi.
Parmi les mangeurs de feuilles, il y a ceux qui croquent et ceux qui lèchent ! On montre alors des feuilles mangées par des chenilles et celles trouées par les limaces et escargots avec les différences au niveau de leur chemin de bave. Pour le lapin qui aimerait manger quelque chose pour remplacer les carottes, il doit soit se contenter de racines, mais dans ce cas il creuse un petit trou, soit manger de l’herbe qu'il coupera net avec ses dents.

À la fin de cette série, on doit avoir disposé les cartes lapin-escargot-limace associé aux indices correspondants. On teste alors de nouveaux enfants dont les erreurs peuvent être corrigées par leurs camarades.

Le passage à la salle de bain

Dans la même logique, on reparle du lapin qui se fait les dents sur les pommes de pin et de la toilette du sanglier. À cette troisième série, on associe les cartes de la première (mulot, écureuil et pommes de pin)

Le passage aux w.c.


Dans cette série on montre les différentes crottes et on fait un nouveau test. On profite de la fiente sur la feuille pour ajouter les feuilles mangées par la limace et l'écureuil.

La sortie et les empreintes


On peut introduire cette série en demandant aux enfants d'imaginer qu'il ait plu dehors qu'ils retournent chez eux pour prendre leur parapluie ou imperméable. Ils rentrent chez eux avec les chaussures mouillées et laissent des traces. Comme les animaux qui marchent dans la boue.
Pour tester les connaissances, on peut y associer encore une fois les feuilles avec les traces de baves d'escargot et limace.

À chacun sa maison

Certains animaux laissent comme indice leur maison, leurs nids comme la toile d'araignée ou les trous du pic. D'autres peuvent avoir besoin de matériaux de construction comme les abeilles coupeuses de feuilles qui découpent des bouts circulaires au bord des feuilles.

Après cette série, on peut une dernière fois tester les enfants en ajoutant aux 3 paires, la série des feuilles mangées.

L'épreuve finale

Si, jusqu'à présent, il était permis aux enfants de corriger les erreurs des autres, pour la finale c'est interdit. On dispose les cartes animaux (en évitant les doublons) puis on distribue les cartes indices. À tour de rôle, les élèves viennent placer les cartes sous l'animal qui correspond. À la fin de l'épreuve, on compte le nombre d'erreurs et on corrige.

La durée de la totalité de l'activité dans cette nouvelle version est d'environ une heure. Je rappelle qu'elle est adaptée aux enfants à partir de la grande section de maternelle.

Conclusion

La première version que vous retrouvez ici était beaucoup plus sérieuse et elle correspondait à un public qui était capable de rester concentré et attentif. Cette nouvelle présentation de l'activité, plus ludique, facilite la mémorisation et la recherche de véritables indices dans la nature. Le côté compétition va également inciter les élèves à rester concentrés jusqu'au bout.

Pour l'instant, elle est ma version favorite. À vous de créer la vôtre !


Éric Pensa