Tourterelles turques : les conquérantes

Où que vous habitiez sauf prés des côtes scandinaves, dans certaines vallées des Alpes ou au sud de l’Espagne, vous avez des chances de rencontrer les tourterelles turques. Elles sont venues de leur propre chef coloniser l’Europe. De ce fait, elles s’acclimatent et nichent partout en s’accommodant de nourritures variées.

L’élégante tourterelle est une grande amoureuse Le couple ne se sépare jamais. Seule la mort de l’un des partenaires peut rompre le couple. Qu’on se le dise, nous, les êtres humains !!! Pour renforcer les liens ou en prélude à l’accouplement, le couple est observé en train de roucouler et de se bécoter.

tourterelle turque
Tourterelle turque

Très soigneuses, elles prennent soin de leur plume et on peut les surprendre ailes ouvertes en train de nettoyer une à une les plumes avant de replier leurs ailes. Il est vrai que les tourterelles produisent un duvet particulier fait de petites plumes blanches qui poussent continuellement et s’usent en créant une poussière blanche qui apparaît sur tout le corps. D’où le nettoyage scrupuleux qu’elles pratiquent très souvent.

Printemps et été sont bercés par le roucoulement du mâle n’émettant que trois notes, toujours les mêmes : cou !cou !cou ! La cour des tourterelles mérite que l’on s’y attarde : Le mâle qui veut impressionner sa belle, s’envole très haut dans le ciel, puis replie ses ailes pour entamer une descente vertigineuse en vrille, ouvre ses ailes au dernier moment pour freiner et se percher. Enfin posé, il se redresse fièrement en pointant sa queue vers le haut. Dès que le couple a choisi son site, le mâle installe maladroitement un tas de brindilles sur une branche. La femelle s’installera dessus en les arrangeant autour d’elle. Cette plate – forme pas toujours très stable recevra chaque année quatre couvées de jumeaux !

tourterelle turque
Tourterelle turque

Tâches partagées C’est seulement au moment de la couvaison que l’on peut distinguer le mâle de la femelle. Le mâle couve plutôt l’après-midi alors que la femelle assure la couvaison de la nuit. Ainsi à tour de rôle mâle et femelle couvent 17 à 18 jours. Au bout de ce temps des 2 œufs blancs et lisses émergents des oisillons aveugles, couverts d’un duvet jaunâtre, mais munis d’un bec long et renflé qui leur permet de chercher au fond de la gorge des parents le « lait » nutritif qu’ils produisent.

Le nid
Le nid

Et oui, vous avez bien lu, pendant la période de reproduction, la paroi du jabot sécrète une substance épaisse riche en protéines, matières grasses, vitamines et minéraux. Ce lait est si nutritif que les petits doublent leur poids en 48 heures. Dès que les parents commencent à donner des graines, le lait se raréfie puis s’arrête. Le saviez-vous ? À part les mammifères, seuls les colombidés, les flamants et les manchots produisent un tel « lait ».

Classées indésirables à cause de leur appétit féroce pour les céréales, les tourterelles turques ne sont pas très aimées dans les villes à cause de leurs excréments souillant les bâtiments. Infatigables nos tourterelles ne sont pas prêtes de s’en aller malgré leurs concurrents, les pigeons. Printemps et été seront encore rythmés par le cou !cou !cou ! reconnaissable de nos belles invasives.

Martine Galindo