Ah la drôle de bête ! : le forficule

Le perce-oreille est très facile à reconnaître grâce à ces appendices appelés cerques qu’il possède à l’extrémité de son abdomen. Fortement incurvés chez les mâles, ils atteignent 4 à 9 mm tandis que chez les femelles, ils sont presque droits et ne dépassent pas 3,5 à 5 mm. Ils utilisent ces remarquables pinces uniquement pour saisir leurs proies qu’ils portent ensuite à leur appareil buccal. Ces cerques sont également utilisés comme moyen de défense ou d’attaque et l’insecte les remonte quand il se sent agressé.
Enfin, nos forficules utilisent ces appendices lors de l’accouplement , le mâle tiendra fermement l’abdomen de la femelle par cet outil performant. On est donc loin de cette idée ridicule : il perce les tympans par ses pinces !

Forficule ou perce-oreille
Forficule ou
perce-oreille

Il existe environ 1300 espèces de forficules dans le monde, plus particulièrement sous les tropiques. Chez nous, les espèces sont petites et moins colorées.

Mais que mange-t-il ?

Il est omnivore et son appareil buccal est adapté à son alimentation. Il a une préférence vers les substances végétales et mâche les pétales de fleurs et les détritus, mais il ne dédaigne pas insectes et charognes.
Actif la nuit, il recherche les lieux humides et obscurs le jour. Si vous voulez le voir, retournez un pot de fleurs à l’ombre, il y établira très vite son domicile.

L’instinct maternel

En général les insectes sont dépourvus d’instinct maternel. Ce n’est pas le cas de la femelle. Après l’accouplement, en automne, elle pond des œufs dans des cavités souterraines ; Par groupe de 20 à 80, elle les dépose à la fin de l’automne et les surveille constamment en les léchant, les déplaçant. Elle les protège pendant tout le temps de l’incubation. Après l’éclosion, elle s’occupe des larves jusqu’à leur première mue. Elle les nourrit et les soigne jusqu’à ce qu’elles soient capables de subvenir seules à leur nourriture. Étonnant lorsqu’on regarde un minuscule forficule, non ?
Ces insectes détruisent les pucerons, ils devraient être aimés des jardiniers, détrompez-vous, ils transmettent aux plantes des maladies virales dangereuses aussi le jardinier ne lui porte pas une grande estime.

Martine Galindo