Une plante sous la loupe : La mousse

Un arum en fleur
Mousse sur un
rocher portant
des sporogones
Surmonter une petite taille

Du haut de sa dizaine de centimètres au maximum, la mousse fait figure de naine du monde végétal.

Incapable de fabriquer la lignine, elle est condamnée à rester molle, impossible donc de s'élever.

Autre particularité et handicap, ses cellules restent toutes bien cloisonnées sans former aucun tube, aucun vaisseau et donc des "racines" sans canalisation appelées rhizoïdes, des tiges qui n'en sont pas et des pseudo-feuilles sans aucune nervure.
La mousse fonctionne donc comme une éponge incapable de s'éloigner du sol où elle puise son eau.

À la recherche du sporogone
Un arum en fleur
le sporogone de
bas en haut

Pour bien comprendre le cycle de reproduction de la mousse, il faut en avoir vu les principales composantes. Je vous invite donc à partir à la recherche des mousses et plus précisément celles qui portent des sporogones qui dépassent plus ou moins longuement, suivant les espèces, des petits massifs que forment ces plantes. Ceux-ci de forme ovale ou sphérique sont accrochés à la plante et s'élève par une sorte de filet.

La mousse nait d'une spore qui germe en un filament ramifié appelé protonéma. Le long de celui-ci apparaissent des bourgeons à l'origine de tiges feuillées.

Plus tard, au bout des tiges ou latéralement vont apparaitre les petites rosettes de feuilles cachant les organes reproducteurs, mâle (anthéridie) ou femelle (archégone). C'est à leur niveau qu'un jour, à l'occasion d'une journée pluvieuse, des gouttes d'eau permettront aux spermatozoïdes (anthérozoïdes) de nager vers les gamètes femelles

Après fécondation, le gamète femelle va grossir et s'élever jusqu'à déchirer la base de l'archégone. Il se forme ainsi le sporogone dont l'extrémité renflée, la capsule, est couverte par le reste de l'archégone, la soie

À maturité, la capsule s'ouvre et libère des spores donnant naissance à un nouveau protonéma et le cycle recommencera.
Les spores dispersées par le sporogone vont germer et faire grandir une nouvelle mousse.

Quelques détails du cycle de reproduction des mousses
Cycle de reproduction
des mousses
La production des gamètes.

La reproduction des mousses commence par l'apparition, sur la plante, de zones qui produiront les gamètes.

Deux zones distinctes, situées à l'extrémité des tiges ou latéralement, se forment :

  • Une zone portant des anthéridies, minuscules organes en forme de massues entourés de poils (paraphyses) et de feuilles qui produiront les gamètes mâles (anthérozoïdes)
  • une zone portant des archégones, organes en forme de bouteille entourés de poils (paraphyses) et de feuilles qui contiennent un seul gamète femelle, l'oosphère.
protection et ouverture du sporogone
protection et o
uverture du
sporogone

À maturité et lorsque les conditions météorologiques le permettent, les anthérozoïdes sont libérés dans l'eau (pluie ou rosée). Ils nageront alors à la recherche de l'oosphère, attirés par l'acide malique dégagé par l'archégone L'anthérozoïde entre par le col de l'archégone et descend féconder l'oosphère.

Spores sous haute protection

Les minuscules spores ne seront libérées du haut de leur capsule qu'après avoir fait disparaitre trois barrières :

  • Dans un premier temps, la coiffe qui protège l'extrémité du sporogone encore fermé par l'opercule tombe,
  • ensuite c'est au tour de l'opercule de se détacher,
  • enfin la dernière barrière interne (le péristome) s'ouvre en écartant ses dents qui empêchaient la sortie des spores.
protection et ouverture du sporogone
sporogones

Le sporogone à des fonctions très proches de celles d'un fruit en protégeant et en dispersant son contenu, mais la ressemblance s'arrête là. Les spores ne sont pas des graines d'une part parce qu'elles ne contiennent pas d'embryon de plante et ensuite parce qu'elles ne sont pas issues d'une fécondation. Par conséquent, le sporogone n'est pas un fruit d'autant plus qu'il est un individu bien à part ne contenant pas le même nombre de chromosomes que le reste de la mousse.

La place des mousses dans le monde végétal

Les mousses ou Bryophytes sont :

  • Des plantes vertes
  • dont le corps est formé de cellules ne formant pas des vaisseaux conducteurs de sève.
  • Elles forment de véritables organes sexuels (à paroi pluricellulaire), les archégones et les anthéridies.

L'ensemble de ces caractères les classe dans le groupe des embryophytes cellulaires

protection et ouverture du sporogone
pied de mousse

Par comparaison, fougères et plantes à fleurs ont toutes de véritables vaisseaux conducteurs de sève et sont donc des spermaphytes vasculaires

Nous avons vu avec les fougères que la plante pouvait se présenter sous deux formes totalement différentes et autonomes :

  • La fougère appelée sporophyte va produire sous ses feuilles des spores qui seront libérées.
  • Le prothalle appelé gamétophyte, issu d'une spore va quant à lui assurer la production de gamètes et donc la reproduction.

Chez les mousses nous allons retrouver le gamétophyte et le sporophyte, mais de façon inversée.

Chez les mousses le développement d'une spore donnera le protonéma à partir duquel poussera la plante même qui produira les gamètes. La mousse est le gamétophyte.

À l'inverse, le sporophyte est réduit au seul sporogone.

Contrairement à la fougère et à l'ensemble des autres végétaux terrestre, la mousse est haploïde (n), elle n'a qu'un seul exemplaire de chacun de ses chromosomes au lieu d'en avoir une paire (2n)

Détermination des mousses

La reconnaissance des mousses est très difficile à l'oeil nu et doit se faire principalement par l'observation des caractères suivants :

  • Le port (façon dont de tient la plante : dressée, rampante..),
  • la forme de la feuille,
  • la position et la forme des sporogones (latérale ou au sommet des tiges)