La Bourrache officinale

Avec ses tiges épaisses aux feuilles alternes et son inflorescence penchée entièrement couverte de poils blancs raides presque piquants, la Bourrache n'a pas une allure très esthétique. Pourtant, en s'approchant de plus près on découvre des fleurs aussi belles qu'originales qui sont, dès leur ouverture, orientées vers le bas.

Description

Noms communs : Bourrache officinale
Nom latin : Borago officinalis
Famille : Boraginacées

Présentation

Malgré une taille pouvant atteindre 60 cm, et ses tiges rameuses robustes, la Bourrache est une plante herbacée annuelle. On la rencontre en fleurs dès le mois de mars et jusqu'en novembre. Ce sont, justement ses fleurs bleues qui permettent très facilement de la reconnaitre avec des étamines formant un cône en leur centre.


Une famille de plantes poilues

C'est dans la famille des Boraginacées que se classe cette plante en compagnie des Myosotis, des Pulmonaires, des Vipérines et d'un ensemble d'espèces le plus souvent velues et à fleurs bleues, rouges ou violettes. La couleur peut, d'ailleurs, changer en fonction de l'âge des pétales.

Les jardineries commercialisent la Bourrache du Caucase (Trachystemon orientalis) une espèce vivace à feuillage caduc dont les fleurs ont des pétales étroits enroulés en spirale. Il peut arriver de retrouver cette plante échappée des jardins où on l'utilise comme couvre-sol.

Plante utile

Cultivée autrefois comme un légume pour la saveur piquante de ses jeunes feuilles après les avoir laissées mariner, la Bourrache fut longtemps utilisée pour ses propriétés médicinales. sudorifique, diurétique et dépurative, avant que ces dernières soient détrônées par l'utilisation des graines donnant une huile riche en acides gras polyinsaturés

Pollinisation de la bourrache

Une pollinisation sportive

La fleur de la bourrache semble peu confortable pour ses visiteurs. Les étamines dressées en pointe en son centre et surtout son orientation vers le sol peuvent apparaitre comme des obstacles à la visite de certains insectes. Pourtant, nombreuses sont les abeilles qui viennent s'agripper à celle-ci pour y récolter un nectar produit à la périphérie du cône d'étamines (voir plus loin).

La fleur au plus près.

Avant d'essayer de séparer les différentes composantes de la fleur de bourrache, essayons de retrouver les éléments classiques (Illustration 1)

De l'extérieur vers le centre, on reconnait 5 sépales fortement velus sur les bords, 5 pétales puis un ensemble formé de 5 étamines dressées autour du pistil.

Les deux éléments nouveaux (Illustration 2)

Aux pièces classiques, s'ajoutent à la périphérie des étamines, deux éléments inhabituels. Le point de départ des pétales est marqué par un repli dressé de couleur claire en forme de dent appelé écaille qui semble protéger un autre élément conique, dressé dans le dos des étamines (appendice conique). La photo précédente de l'abeille montre que ce sont les écailles qui servent de point d'ancrage des pattes et que l'insecte lèche l'espace entre les appendices et l'écaille qui est, en fait, une zone nectarifère.

Retrait des pétales : première surprise. (Illustration 3)

Si des fleurs en étoiles comme celles de la Ficaire ou de l'amandier, laissent assez facilement se détacher leurs pétales ,un à un, chez la bourrache la même opération provoque la séparation de la fleur d'un bloc formé par l'ensemble des pétales et des étamines. La corolle est donc formée de 5 pétales soudés à leur base, on dit qu'elle est gamopétale.

Les étamines sont libres entre elles, mais fixées sur le centre de la corolle entre ses lobes pour y former un cône.

Le pistil est, quant à lui, assez classique à quelques détails près. Situé au sommet du pédoncule (supère), il semble composé d'un ovaire à 4 loges prolongé par un style unique. L'originalité visible est le départ du style situé dans un creux au centre de l'ovaire, on dit qu'il est gynobasique.

Les étamines de plus près (Illustration 4)

Attardons-nous à présent sur les étamines. En fait, chacune d'elles est formée à sa base d'un filet équipé à l'arrière d'un appendice conique. Le reste est assez classique avec deux anthères s'ouvrant vers l'intérieur de la fleur (côté pistil).

L'ensemble des anthères est dressé autour du style (Illustration 5).

En bref

Reprenons chaque élément de l'extérieur vers l'intérieur de la fleur.

Notre fleur de Bourrache officinale est composée de :

  • 5 sépales soudés entre eux à la base portant 5 replis au départ de leurs lobes
  • 5 pétales soudés entre eux à la base
  • 5 étamines fixées entre les lobes de la corolle équipées dans leur dos d'un appendice nectarifère.
  • Un pistil avec un style gynobasique et un ovaire à 4 loges.

Rapide tournée familiale

La famille des Boraginacées est assez homogène, les caractères précédents (à l'exception du cône d'amines) s'y retrouvent le plus souvent, mais sous des formes légèrement modifiées.

La corolle forme dans plusieurs genres un tube plus ou moins allongé au centre duquel se retrouvent des écailles comme chez le Cynoglosse de Crète ou les Myosotis

Chez les Vipérines, la corolle, longuement soudée, possède une symétrie bilatérale.

Enfin, en plus de la structure de la fleur, les boraginacées peuvent se reconnaitre à leur inflorescence, la cyme scorpioïde, dont les fleurs disposées en crosse s'épanouissent à tour de rôle.

E.P.