Rapt et crime chez les plantes - Arum et compagnie

Un arum en fleur
Un arum en fleur

Si la plupart des plantes se contentent d’user de leur parfum ou de leur couleur pour attirer les pollinisateurs qui les fécondent, d’autres s’embarrassent moins de principes et gardent captifs les insectes pour parvenir à leur fin ou même s’en nourrir.

Le long des chemins, dans les endroits humides, vous rencontrerez sûrement l’arum. Cette plante développe au début du printemps, un organe bien particulier, la spathe. La spathe de l’arum sauvage (Arum italicum) est verdâtre et passe inaperçue, mais vous connaissez sans doute l’arum des horticulteurs dont la spathe est plus spectaculaire. Au fond de ce cornet se trouvent les fleurs femelles et mâles.

Un stratagème efficace

La spathe émet une odeur de putréfaction qui attire de petits moucherons. En se posant sur la plante, ceux –ci glissent comme sur une patinoire et tombent au fond du cornet où les attendent les fleurs femelles …

Des filaments situés à l’étranglement du cornet et disposés en couronne les empêchent de fuir, mais en s’agitant pour tenter de trouver une sortie les moucherons apportent aux fleurs femelles le pollen récolté sur un autre arum.

Quelque temps plus tard, les fleurs mâles ou étamines arrivent à maturité, se flétrissent en même temps que les filaments situés à l’étranglement, laissant s’échapper les insectes porteurs du pollen mâle qu’ils ont récolté au passage. Apparemment sans mémoire, ils sont prêts à se faire de nouveau piéger pour féconder le prochain arum…

Les arums tropicaux sont plus cruels, car les fleurs femelles ne relâchent pas les moucherons. Il ne leur reste alors qu’à mourir, victimes de leur dévouement involontaire de pollinisateur.

Un petit mot sur les plantes carnivores

En Europe, certaines plantes ne trouvant pas la nourriture nécessaire à leur croissance dans le sol, ont développé des pièges pour attraper les insectes et s’en repaître : Grassettes et droseras sont les représentants de ces plantes. Les feuilles sont garnies de tentacules visqueux et brillants attirant les mouches qui engluées sont pris au piège. La feuille se referme alors comme un livre et sécrète des sucs qui dissolvent les tissus de l’insecte. Il faut une à cinq heures de digestion par insecte.

Eh oui, la nature n’est pas tendre, mais que de stratagèmes sophistiqués ont été inventés pour survivre !!!

Martine Galindo