« La nature du sol ne permettant pas d’établir des carrés ou des bandes horizontales, il fut décidé que l’on creuserait des potets auxquels on donna 80 cm à 1m de côté. Encore dut-on avoir grand soin de choisir les places où la roche présentait des fissures plus ou moins verticales dans lesquelles les jeunes arbres puissent enfoncer leurs racines. L’ouvrier avait besoin d’étudier avec attention la montagne et ce n’est qu’après plusieurs essais qu’il reconnaît avec assez de sûreté et par des sondages, l’emplacement le plus favorable pour un potet, s’il rencontre un banc de roches horizontal, il faut qu’il abandonne le trou commencé. » E. Vincent.
Ainsi, tels des forçats, des ouvriers forestiers ont creusé à la barre à mine plus de 100000 trous au fond desquels ils déposaient les restes de terre qu’ils avaient pu retrouver. Dans chaque trou ils semèrent deux graines de pin d’Alep, du pin pignon ou du pin maritime. À ceci s’ajouta le chêne vert et dans certains potets, des espèces nouvelles comme l’acacia ,le cèdre, l’ailante, le caroubier, l’arbre de Judée et l’eucalyptus.
Ainsi s'explique la présence de ces pins collés. Plus d’un siècle plus tard si une pinède couvre encore le Faron, ce n’est que grâce à la volonté et aux efforts acharnés d’une vingtaine d’hommes héroïques.
On retiendra de cette longue histoire, que l’équilibre naturel est fragile, l’exploitation excessive de la forêt conduit inexorablement au déboisement, à la disparition du sol et à la désertification. Le retour en arrière est long et difficile ; même de nos jours la forêt de chêne vert est absente du Faron car le sol, acide des aiguilles de pin, est beaucoup plus long à se reconstituer.
De nos jours, de nouveaux fléaux menacent cette forêt, l’incendie est déjà passé à plusieurs reprises, les vieux pins, fragilisés par la sécheresse sont facilement attaqués par des scolytes. Il faudra être patient, prudent et responsable pour que la pinède reste et alors, peut être qu'un jour, la yeuseraie reviendra. En attendant, pour les Toulonnais le Faron reste « le caillou » dont l’avenir est incertain malgré son classement.
Pour connaître un peu mieux la flore du Mont Faron...quelques plantes du Faron