À la recherche des indices et empreintes de la faune sauvage en forêt.


6. Restes de fruits.

En quittant le tronc, prenons maintenant le temps de regarder autour.

Chaque arbre offre des fruits en quantité plus ou moins abondante à certaines saisons. Les conifères, les hêtres, noisetiers et les chênes seront de grandes sources de graines et fruits secs et il est logique de chercher, près d'eux, des restes décortiqués.

À chaque animal sa technique d'épluchage. Pour trouver les graines des cônes de pins, les écureuils rongent la queue de la pomme de pin pour la détacher et la prendre entre ses pattes à la manière d'un cornet de glace. Les dents arrachent ensuite chaque écaille pour y déloger les graines, puis les jettent ou les laissent accrochées par un fil. C'est en faisant tourner régulièrement le cône que l'animal finit par le décortiquer presque entièrement. Seules restent, en effet, les écailles qu'il prenait entre ses pattes ( E= reste de pomme de pin d'écureuil). Jetée au sol, la pomme de pin garde donc toujours quelques écailles d'un côté et son pourtour est tout effilé.

Autres mangeurs de graines, les mulots laissent peu ou pas d'écailles et le pourtour du cône porte des incisions nettes, sans fils. Les pics sont eux des champions de l'effilage de cônes. Si vous trouvez une pigne coincée entre deux écorces, il s’agit d’une forge, endroit où l'oiseau l'a posée pour ouvrir ses écailles à grands coups de bec ( P= reste de pomme de pin de pic).

Les glands, les noisettes et d'autres fruits secs porteront également la marque caractéristique du décortiqueur. De nombreux ouvrages illustrent ce sujet.

7. Restes d'animaux.

Il arrive aussi qu'un animal soit le reste du repas d'un carnivore. Un tas de plumes indiquera le lieu de chasse d'un renard, alors qu'un mulot sans tête sera la signature d'un rapace.

Moins riche en informations, le squelette nous informera sur l'identité de l'animal mort (M = reste de mâchoire inférieure de lapin).

Tout aussi intéressante, une plume perdue peut aider à identifier son propriétaire, de même qu'une mue de serpent ou d'insecte.

8. Conclusion.

Nous venons de faire le tour de la forêt et bien que nous n'ayons pas vu d'animaux, nous avons une longue liste d'habitants. À celle-ci, une oreille bien préparée pourra en ajouter au moins 3 ou 4 par l'écoute des chants d'oiseaux, autre facette passionnante de l'exploration du milieu naturel. L'assimilation des indices de présences des animaux de votre région associée à la reconnaissance des chants d'oiseaux feront de vous un animateur "tout terrain" qui, sans boite-loupe ni jumelle, saura lire et interpréter un milieu naturel.