À la recherche des indices et empreintes de la faune sauvage en forêt.


5. Sur les arbres.

Si vous trouvez, dans une flaque de boue, des marques en forme de coups de pinceau, il s’agit sans doute de l’endroit où un sanglier s’est roulé en laissant l’empreinte de son pelage. Cherchez alors aux alentours, sur le bas des tronc d'arbres la même boue, preuve que de l'animal s'y est frotté. L'indice parfait sera la découverte de poils noirs, à l'extrémité claire et fourchue, collés sur l'écorce. (photo ci-contre)

Si l’endroit est souvent utilisé, les écorces sont polies jusqu’à disparaître.

Les écorces arrachées sont également la signature des cervidés qui, soit pour y frotter leur bois (chevreuil), soit pour se nourrir (cerf), peuvent faire de gros dégâts sur les arbres. Si vous trouvez un arbre touché, recherchez les crottes. La recherche de présence de ces animaux et la détermination de l'espèce, voire du sexe, se feront en recherchant des crottes (appelée fumées chez le cerf et moquette chez les chevreuils). Les fumées des cerfs mesurent 2 à 2,5 cm de long, celles du daim seulement 1 à 1,5 cm, comme les moquettes des chevreuils. Les fumées du cerf (mâle) présentent une extrémité arrondie avec une petite dépression (1m) contrairement à la biche (1f). On retrouve ce côté déprimé chez le daim (2) alors que les moquettes de chevreuil(3) sont cylindriques ou ovoïdes

Les troncs sont aussi riches en informations. Si vous trouvez un arbre mort ou un pin aux aiguilles qui jaunissent, c’est en regardant les écorces que vous aurez une explication.

Si les écorces sont noires et qu’en frottant son doigt il noircit, c'est qu’il y a eu un incendie. Par contre impossible de préciser l'année du feu, les marques restant de nombreuses années.

La sécheresse estivale, les attaques de chenilles processionnaires, affaiblissent les pins qui sont alors plus facilement attaqués par de tout petits coléoptères de la famille des scolytes. Ces derniers creusent des galeries sous les écorces là où passe la sève et condamnent l’arbre en quelques mois. Deux indices signalent la présence de scolytes : un tronc coulant de sève et, surtout, de petits trous circulaires d’un millimètre environ perçant les écorces. Si l’arbre est mort, le bois où l’écorce s’est détachée vous révèlera les marques de galeries, véritables tatouages de forme caractéristique.

Les locataires des arbres morts sont nombreux, un gros tas de sciure qui semble s'être évacué du bas d'un tronc couché signale l'installation de fourmis à l'intérieur. Si, à la surface d'un bois sans écorce, vous trouvez des trous de quelques millimètres de diamètre, ce sont les portes de sortie des xylophages (insectes mangeurs de bois mort). Un trou circulaire servira à la sortie d'un longicorne adulte alors que les buprestes, au corps comprimé, s'échapperont par une issue ovale.

Dans le bois mort, vous trouverez aussi des trous beaucoup plus grands (E) et très irréguliers. Ce sont les pics qui viennent chercher des larves à grands coups de bec en y laissant de grandes ouvertures.

Pour nicher, les pics creusent sur les arbres, des trous plus profonds (F) à plusieurs mètres de hauteur et sur la face des arbres la mieux cachée des regards. Pour les trouver, il faut s'armer de patience et suivre les allées et venues des oiseaux.

Particularité régionale, dans les zones où se pratiquait la récolte de la résine de pin, voici ce qu'il est possible de trouver.

Une bande verticale sans écorce entourée de part et d’autre d’un bourrelet et vous êtes en présence d’une cicatrice de gemmeur (récolteur de résine du siècle dernier). Pour en être certain, approchez-vous et vous devez trouver le long de la fente des marques horizontales , celle de la gouttière de zinc qu’enfonçaient les résiniers pour canaliser la récolte dans leur pot de terre.

Il est fréquent, dans les anciennes zones de gemmage, de retrouver des bouts de pot (toupin) ou les lames de zinc.