À la recherche des indices et empreintes de la faune sauvage en forêt.

Une randonnée avec une classe au cours de laquelle on voit passer un renard est aussi rare que la neige au mois de juillet. On pourrait dire la même chose pour les lapins, mulots, sangliers et autres mammifères. Seul l’écureuil avec un peu de chance et beaucoup de silence pourra faire un passage dans les branches au-dessus de nous. Alors doit-on déduire d’un tel bilan que ces animaux sont absents ? Pas si vite, apprenons plutôt à lire la forêt, recherchons les indices et nous serons surpris du résultat.


1. Première approche : la journée d’un animal.

Avant de commencer la recherche, il faut avoir à l’esprit l’activité des animaux.

  • Les animaux ont besoin de se nourrir ce qui entraîne des déplacements, des restes de repas et des crottes
  • Ils doivent également se reproduire et donc, à nouveau, se déplacer, communiquer, confectionner un abri, un nid pour s’occuper de leurs descendances
  • Ils ont également tous un habitat et plus précisément un endroit particulier où ils peuvent se mettre à l'abri : un terrier, un buisson, une branche, etc..
  • Ces animaux peuvent être parasités par des tiques, des puces ou autre et, de ce fait, ont besoin de s'en débarrasser par des bains de boue par exemple.

Toutes ces activités peuvent se faire de nuit ou de jour et laisser chacune un indice particulier que nous allons chercher.

2. Sur les chemins.

Les chemins et sentiers sont des endroits larges, sans obstacle et c'est naturellement par eux que passeront les gros mammifères. Si le sol est caillouteux ou couvert de feuilles mortes, on n'y trouvera que très rarement des empreintes contrairement aux sols terreux humides. Les sols argileux, qui gardent longtemps à leur surface des flaques de boue après la pluie sont les meilleurs pour trouver les traces de passage d'animaux. Ces flaques peuvent, de plus, être des points d'eau temporaires et même servir au bain des sangliers.

C'est également sur les chemins ou aux abords de ceux-ci que certains mammifères déposeront leur marquage olfactif. Le renard choisira souvent d'y déposer sa crotte, appelée laissée, d’environ 2 cm de diamètre avec un bout pointu et effilé. Suivant les jours et la période de l’année, elle contiendra des poils, des os ou des fruits, sa couleur sera noire, grise ou plus ou moins riche en peau de fruits sauvages. Quelquefois, des restes d’élytres de coléoptères pourront être présents également.

Avec 2 mm d’épaisseur, la laissée de la belette fait office de crotte de renard miniature. Comme celle du renard, elle sert au marquage du territoire.

2. Autour des chemins.

Les coins d’herbes près des sentiers vont nous offrir souvent de nouveaux indices avec tout d’abord ceux des herbivores que sont lapins et lièvres. Observez le sol, si certains endroits ont été grattés sur une largeur d’une vingtaine de cm au maximum vous avez toutes les chances d’être proche d’un nouvel indice… le diamètre de la crotte vous permettra de trancher entre lapin ou lièvre.

Si, dans la zone vous trouvez plusieurs grands tas de crottes, ce sont les pétouliers (A) du lapin. Si les crottes sont peu nombreuses et dépassent le centimètre (C), l’endroit est fréquenté par un lièvre.

Une fois l’herbivore déterminé essayé de trouver les brins d’herbe broutés, en cherchant bien vous y arriverez.

Toujours dans les prairies vous pourrez tomber sur les terriers de lapins (garennes)(B).