Le petit frère des grands résineux : Le genévrier

Genévrier cade

On connaît le gin qui lui doit son nom ou les baies de genièvre qui parfument choucroute et potée, mais les vertus, taille, longévité et résistance du genévrier nous sont souvent étrangères.
Voici ce qu’il faut savoir sur ce végétal méditerranéen :

De la famille des conifères, il présente tout comme eux des feuilles en aiguilles ou écailles.

Arbre ou arbuste ?

Son nom est le plus souvent associé à l’image d’un arbuste de forme conique ne dépassant guère 2 à 3 m de haut. Mais on rencontre dans les Alpes, des genévriers thurifères atteignant 10 m de haut. À Draguignan, un genévrier oxycèdre atteint 15 m de haut avec 1,6 m de circonférence à 1m du sol. En Espagne et au Maroc, il n’est pas rare de rencontrer des genévriers beaucoup plus imposants.

Champion de lenteur

La croissance de ces arbustes-arbres est très lente, 1mm par an environ !

Baies de
genévrier commun
Des genévriers facétieux

Ils parviennent à pousser là où toute autre espèce aurait échoué en raison de la pauvreté du sol. Ainsi face aux conditions extrêmes dans lesquelles on les trouve, ils sont capables de bloquer leur croissance. 200 cernes peut alors signifier que l’arbre a 200 ans ou moins.

Un fruit appelé à tort « baie »

Son fruit est en fait si on le regarde avec soin, un petit cône constitué d’écailles charnues soudées entre elles. Son vrai nom est « galbule ». Il contient 1 à 12 graines libérées seulement par broyage de l’oiseau , des dents d’un rongeur ou bien après décomposition du fruit.

Une résistance à toute épreuve

Mais comment une petite plantule si fragile de genévrier constituée de quelques feuilles en aiguilles arrive à survivre à la sécheresse du sol, au froid ou à la dent du bétail ?

  • La réduction des feuilles en aiguilles ou écailles permet à la plantule de lutter contre les pertes d’eau.
  • L’appétence de ces plantules épineuses est réduite lorsque poussent à proximité d’autres végétaux moins agressifs.
  • Boulimique de soleil, il résiste au froid, il est aussi indifférent à la nature chimique du sol. Il ne supporte ni l’ombre des pins ni celle de ses congénères. On le trouve donc dans des milieux ouverts où il est aisé de circuler entre les arbres.
Genévrier Cade
Les genévriers d’ici

Le genévrier oxycèdre appelé « cade » en provençal, plus sensible au froid, il ne dépasse pas les 1000 m d’altitude. Ses aiguilles groupées par 3 présentent 2 raies blanches à leur face supérieure.

Le genévrier thurifère dont les aiguilles sont remplacées par de petites écailles imbriquées le long des rameaux. On le trouve sur les terrains calcaires des Alpes de Haute Provence.

Le genévrier de Phénicie est un arbrisseau qui affectionne les reliefs secs et ensoleillés des Alpes du Sud. Attention, la couleur rouge des fruits nous alerte du danger qu’ils représentent. Ils sont toxiques.

Genévrier
de Phénicie

Le genévrier commun,
présent un peu partout en France. Ses aiguilles présentent une raie blanche sur la face supérieure. C’est le seul genévrier aux fruits comestibles. Sa présence est un indicateur de recolonisation progressive de la végétation.

On ne peut pas parler du genévrier sans oublier l’odeur de son bois imbibé d’une huile caractéristique à la fois forte et pénétrante. Autrefois extraite dans les fours à cade, cette huile était la panacée pour la désinfection. Aujourd’hui après abandon de cette activité, on lui a préféré des substances issues de l’industrie chimique.

Arbre à tout faire, je me permets d’évoquer en vrac : son huile utile pour désinfecter les barriques à cidre, rendre les caves saines, fumer le jambon, attirer les essaims d’abeilles, confectionner des flèches…etc.

Apprenez à regarder dans les collines ces arbustes au tronc tortueux à l’écorce filandreuse et grise, respectez- les, ils font partie du patrimoine végétal méditerranéen.

Martine Galindo