Le fruit oublié : le coing

Coing

On va quelquefois acheter des fruits exotiques aux formes et couleurs peu communes, savoureux à l’état cru, pour surprendre nos amis et donner une touche d’originalité à nos desserts. On a oublié que certains fruits bien méditerranéens ont été cultivés sur nos terres depuis plus de 6 000 ans, on les a délaissés et pourtant …

Prenez un coing mûr, déposez-le dans une pièce de votre maison, une odeur à la fois douce, durable, aux notes fruitées et légères envahit votre intérieur.
Cognassier

Ce gros fruit ressemblant à une pomme déformée vire du vert au jaune de septembre à novembre. Sa peau est douce et duveteuse au toucher, de belle apparence et d’un doux parfum attirant, on est tenté de mordre dans un coing, une âpreté brutale sur la langue nous surprend, la pulpe du coing renferme des tanins qui assèchent les muqueuses. Chair âpre, ferme, acidulée et astringente, ce fruit est à peine comestible et pas du tout savoureux et c’est en cela qu’il n’a jamais été un fruit vedette. En fait, il est immangeable frais.

C’est un fruit qui doit être préparé, cuisiné, travaillé patiemment pour enfin goûter la saveur de sa chair.

En France, pâtes de coings, gelée de coings ou compote font le régal des petits et des grands. En Orient, les coings sont cuisinés comme des légumes, salés, farcis, dans les ragoûts, tajines et currys. Petit clin d’œil de gourmande ! Faites un gratin de pommes, poires, coings et fruits secs, c’est un délicieux dessert de saison qui ravira toute la famille.

Connaissez-vous les origines lointaines du cognassier ?

C’est un arbre fruitier cultivé depuis longtemps et originaire du Proche-Orient, de la région du Caucase et de la mer Caspienne. La fameuse pomme du jardin des Hespérides aurait été non pas une pomme ou une orange, mais un coing. Il est probable que le cognassier ait été introduit en Provence avant le XVIe siècle, on l’appelait le coudougner, arbre fruitier à pépins, cet arbre de 3 à 4 m de haut est souvent utilisé sous forme de haie, car il forme de nombreux brins à sa base rendant la haie impénétrable.

coing
Que peut apporter ce fruit à notre organisme ?

De la vitamine C à une concentration constante de 15mg pour 100g de fruit alors que la pomme a une concentration variable de 10 à 50mg. De faible valeur calorique, il possède une grande richesse en fibre et pectine. Un fruit excellent pour la santé n’est ce pas ?

Dans la tribu des fruits à pépins, il existe aussi d’autres cognassiers utilisés à des fins ornementales comme les cognassiers du Japon.

Pourquoi ne cultive- t- on plus le cognassier ?

C’est le mal aimé, il n’a pas de débouchés commerciaux, la culture du cognassier n’occupe que 150 ha pourtant c’est une culture peu exigeante bien adaptée à notre climat méditerranéen, aussi empressons-nous de réhabiliter le coing pour ses qualités alimentaires et médicinales, il est souverain contre les maux de ventre et une bonne digestion. Il est fruit et médicament à la fois !!!

J’essaie donc de vous inciter à planter des cognassiers pour constituer des haies, mais aussi pour profiter de la floraison rose au printemps et récolter les fruits parfumés à l’automne. Enfin pour continuer à vous convaincre, je vous livre un de mes secrets, l’inévitable pâte de coings :

  • Pour 1Kg de coings, pesez 1Kg de sucre, choisissez de petits coings,
  • les essuyer, ôtez cœur et pépins, coupez-les en quatre et les faire cuire couverts d’eau froide un quart d’heure.
  • Lorsque les morceaux de coings sont ramollis à souhait, les passer au presse –purée puis mettre le tout dans une bassine avec le poids équivalent de sucre,
  • faire cuire 20minutes à feu doux en remuant avec une cuillère en bois jusqu’à ce que la pâte se détache de la casserole.
  • Lorsque la cuisson est terminée, le mélange prend une teinte dorée, l’odeur suave pénètre dans vos narines.
  • Étalez la pâte sur une plaque huilée et laissez sécher 3 jours
  • puis découpez la pâte en carrés, enrobez les de sucre et laissez les dans un endroit sec et aéré,
  • au bout de quelques jours, rangez les dans une boîte en fer, essayez de les garder jusqu’aux fêtes de Noël si vous arrivez à maîtriser votre gourmandise, en tout cas, régalez-vous de ces fines gourmandises !

Martine Galindo